À 19 mois, certains enfants maîtrisent déjà une vingtaine de mots, tandis que d’autres semblent silencieux malgré une compréhension correcte du quotidien. Les variations de rythme dans le développement du langage sont largement documentées, mais l’écart entre la compréhension et l’expression orale reste source d’interrogations chez de nombreux parents.
Des facteurs génétiques, environnementaux ou médicaux peuvent influencer cette progression. L’identification précoce d’un éventuel retard permet d’agir efficacement. Des approches simples et validées existent pour encourager l’acquisition du langage tout en respectant le rythme propre à chaque enfant.
À 19 mois, où en est le langage de mon enfant ?
À 19 mois, tout n’est pas écrit d’avance. Chez les uns, les mots fusent déjà, tandis que d’autres s’expriment surtout avec des regards, des gestes ou des babillages. Ce qui domine, c’est la diversité. Le langage oral s’installe progressivement, porté par la parole, la compréhension qui devance souvent l’expression, et le plaisir d’échanger.
Les manifestations de cet éveil sont multiples. Un tout-petit peut montrer du doigt un jouet, réagir à son prénom, accomplir une petite consigne. Ce n’est pas le nombre de mots qui fait foi, mais la façon dont l’enfant interagit, tente d’imiter ou réagit quand on s’adresse à lui. Si le babillage tarde à venir (pas avant 12 mois) ou si les premiers mots peinent à apparaître (toujours rien à 16 mois), mieux vaut rester attentif à l’évolution. Même sans parler, un enfant qui comprend ce qu’on lui dit, qui observe et communique autrement, suit souvent une trajectoire de développement normale.
La communication ne se limite pas à l’oral. Les gestes, les mimiques, le regard, le pointage sont autant de portes d’entrée dans l’échange. Beaucoup de tout-petits utilisent spontanément le langage corporel, bien avant d’oser le mot articulé. Certains parents introduisent aussi des signes empruntés à la langue des signes pour bébé, qui soutiennent l’expression avant que la parole ne prenne le relais.
Chaque enfant trace sa route à sa manière, mais quelques repères aident à y voir plus clair : nouveaux sons, tentatives d’imitation, réactions aux sollicitations verbales. Observer ces petits jalons, c’est mieux comprendre ce qui se joue à ce moment charnière de la construction du langage.
Retard ou simple variation : quand faut-il s’inquiéter ?
À 19 mois, les différences de rythme dans l’acquisition du langage peuvent dérouter. Certains enfants préfèrent écouter et observer plus longtemps, d’autres avancent par bonds. Mais il existe des signes qui, s’ils persistent, méritent d’être pris au sérieux : pas de babillage, pas de mots simples, ou difficulté à assembler deux mots vers 2 ans. D’autres indices doivent alerter : l’enfant ne comprend pas de consignes simples, ne répond pas à son prénom, semble en difficulté pour demander quelque chose, ou se replie sur lui-même.
Voici les principaux signaux qui doivent attirer l’attention :
- Pas de babillage avant 12 mois
- Pas de mots simples avant 16 mois
- Pas de phrases de deux mots à 24 mois
- Difficulté à comprendre une instruction à 2 ans
Les causes d’un retard de langage sont diverses : troubles du spectre autistique, dysphasie (trouble spécifique du langage oral), déficience auditive, apraxie de la parole ou facteurs liés à l’environnement. Certains troubles s’accompagnent de difficultés sur d’autres plans : social, affectif ou développemental. L’audition, souvent négligée, doit systématiquement être vérifiée en cas de doute.
Attendre que « ça passe » n’est pas recommandé lorsque ces signaux persistent. Il est sage de consulter dès que les difficultés deviennent visibles, que ce soit du côté de l’expression ou de la compréhension, ou si l’enfant néglige aussi la communication non verbale. Repérer tôt, c’est permettre un accompagnement mieux adapté à la situation.
Des gestes quotidiens pour encourager la parole
L’éveil du langage à 19 mois se nourrit d’abord de ce qui se joue au quotidien. Parler à l’enfant, nommer ce qu’il voit, décrire les gestes, multiplier les échanges : tout cela contribue à enrichir son univers sonore. Un environnement familial vivant et verbalise favorise l’envie de s’exprimer. Les phrases courtes, simples, encouragent l’enfant à participer, même sans « vraie » réponse immédiate.
Les livres illustrés lus à voix haute offrent un terrain de jeu formidable : ils multiplient les occasions de découvrir de nouveaux mots, de s’habituer aux sons, de goûter au rythme de la langue. Les comptines, les chansons, les jeux de questions simples stimulent la mémoire et l’attention. Utiliser des gestes ou des signes adaptés aux tout-petits facilite l’expression, surtout si la parole tarde à émerger.
Pour renforcer ces apprentissages, plusieurs leviers sont à privilégier :
- Aménagez un environnement où le langage circule : diversifiez les occasions de parler, variez les situations, encouragez l’échange.
- Valorisez chaque essai, chaque imitation, même hésitante. Félicitez les efforts, aussi petits soient-ils.
- Limitez le temps passé devant les écrans : rien ne remplace la richesse d’une interaction directe.
- Proposez des jeux à deux : jeux de rôle, marionnettes, manipulation d’objets accompagnés de mots simples.
Le regard bienveillant, la disponibilité, la patience du parent créent un climat propice à l’éclosion de la parole. Respecter le rythme de chacun, encourager sans forcer, c’est semer les graines de la confiance et du plaisir de communiquer.
Professionnels, ressources et pistes pour avancer sereinement
Quand le doute persiste, prendre rendez-vous avec un orthophoniste permet d’y voir plus clair. Ce professionnel réalise un bilan complet pour cerner la situation, poser un éventuel diagnostic ou simplement rassurer. Les parents, eux, restent les premiers à repérer les évolutions, les progrès, mais aussi les difficultés dans les échanges quotidiens.
Il est aussi recommandé d’échanger avec le pédiatre ou le médecin généraliste. Ces professionnels savent orienter vers des dispositifs adaptés : programmes d’intervention précoce, services d’accompagnement, groupes de soutien parental. Une prise en charge coordonnée, où santé et éducation travaillent main dans la main, offre davantage de chances de progrès.
Certains enfants bénéficient de solutions complémentaires, comme la communication alternative et augmentée (CAA) : pictogrammes, applications, gestes codés. Ces outils n’ont pas vocation à remplacer la parole, mais à soutenir l’envie de communiquer et à limiter l’isolement.
Les familles peuvent aussi s’appuyer sur des associations, des réseaux d’entraide ou des plateformes spécialisées. Échanger avec d’autres parents, confronter les expériences, relativiser les inquiétudes : tout cela contribue à avancer avec plus de confiance. L’accompagnement professionnel, associé à ces ressources collectives, ouvre des pistes concrètes, adaptées à chaque enfant.
À cet âge, chaque mot prononcé, chaque sourire partagé devient une victoire silencieuse. Derrière le retard parfois redouté, il y a souvent une histoire singulière, des forces insoupçonnées, et la promesse que la première phrase n’est jamais loin.


