Piliers de l’éducation selon l’UNESCO : importance et définitions

Quatre axes structurent depuis 1996 les politiques éducatives internationales, sur la base de recommandations élaborées par la Commission Delors pour l’UNESCO. Leur adoption marque une rupture avec les conceptions traditionnelles de l’apprentissage, longtemps centrées sur la simple acquisition de connaissances.

L’intégration de ces principes dans l’Agenda 2030 place l’équité et la qualité éducative au cœur des Objectifs de Développement Durable. Leur influence s’étend aujourd’hui bien au-delà des salles de classe, impactant la société dans son ensemble et guidant les réformes dans de nombreux pays.

Pourquoi les piliers de l’éducation de l’UNESCO sont-ils devenus une référence mondiale ?

En 1996, la Commission Delors remet à l’UNESCO une proposition simple et ambitieuse : repenser l’éducation autour de quatre axes complémentaires. Cette vision fracture les anciennes frontières de l’école et redessine l’horizon de l’apprentissage pour le XXIe siècle. Désormais, toute réforme éducative d’envergure prend appui sur cette approche qui réunit acquisition des connaissances, compétences concrètes, relations humaines et épanouissement individuel.

Pour mieux saisir la portée de ce cadre, voici les quatre piliers qui guident désormais politiques publiques et pratiques pédagogiques :

  • Apprendre à connaître : ici, la curiosité n’est pas un luxe mais un moteur. Comprendre le monde, explorer, relier les idées, c’est la base sur laquelle tout le reste s’appuie.
  • Apprendre à faire : il s’agit de sortir du théorique. L’action, l’expérience, résoudre des situations inédites : la théorie ne vaut que si elle s’incarne dans le concret.
  • Apprendre à vivre ensemble : à l’heure où la diversité s’impose, la coopération et la gestion des conflits deviennent des apprentissages aussi fondamentaux que lire ou compter.
  • Apprendre à être : l’autonomie, le regard critique, l’affirmation de soi : l’éducation ne forme pas des machines mais des personnes capables de penser, d’agir, de choisir.

Ces piliers, largement repris dans les discours et lois éducatives, prennent toute leur dimension dans les recommandations des grandes organisations internationales. Ils se retrouvent au cœur des Objectifs de développement durable, notamment dans la lutte contre les inégalités, la fracture numérique ou la montée des tensions sociales. L’UNESCO en fait un socle universel, créant une dynamique commune à tous les niveaux, du village à la scène internationale.

Ce modèle a gagné sa place parce qu’il va au-delà du simple transfert de connaissances. Il reconnaît le droit à l’émancipation, à la construction du collectif, à la prise de responsabilité. L’éducation devient un levier de transformation, capable de préparer chacun aux bouleversements rapides du monde contemporain.

Décryptage du rapport Delors : genèse et définition des quatre piliers

Lorsque Jacques Delors prend la tête de la Commission internationale sur l’éducation pour le XXIe siècle, il pose un constat direct : l’éducation doit changer de cap pour faire face à la complexité du monde. Le rapport qui en résulte, remis en 1996, repose sur quatre grands axes. Ce choix n’est pas arbitraire : chaque pilier incarne une facette indispensable de l’apprentissage, et c’est dans leur articulation que réside la force de l’ensemble.

Voici comment ces piliers se déclinent, chacun avec sa propre couleur :

  • Apprendre à connaître : il ne s’agit plus seulement d’accumuler des savoirs, mais de développer la capacité à comprendre, à analyser, à faire des liens. Delors insiste : il faut former des esprits critiques, agiles, capables de dépasser la mémorisation.
  • Apprendre à faire : la pratique compte autant que la théorie. L’expérience, l’initiative, l’adaptabilité : l’école doit donner des outils pour agir dans des contextes variés, professionnels comme sociaux.
  • Apprendre à vivre ensemble : face à la diversité et aux tensions, il devient indispensable d’apprendre à écouter, à coopérer, à gérer les désaccords. Ce n’est plus un supplément d’âme, c’est une condition de la vie collective.
  • Apprendre à être : l’éducation doit aussi accompagner la maturation, l’autonomie, la formation du jugement. L’élève n’est pas un vase à remplir, mais une personne à faire grandir.

Dans ses travaux, Zuleide Blanco Rodrigues éclaire l’intégration de ces piliers dans la politique éducative internationale. Leur articulation permet de penser l’apprentissage comme une expérience globale, où chaque dimension nourrit les autres. Les objectifs éducatifs ne s’arrêtent plus au contenu scolaire : ils embrassent la totalité de l’expérience humaine, y compris le développement social et personnel.

Comment ces piliers favorisent une éducation de qualité et équitable ?

L’expérience de chaque apprenant s’appuie sur des bases multiples. Le rapport Delors, relayé par l’UNESCO, affirme qu’un enseignement réussi valorise autant les savoirs que la pratique, les relations et l’épanouissement. Les quatre piliers dessinent ainsi une approche où l’élève trouve sa place, où l’apprentissage irrigue tous les aspects de la vie.

Les travaux en neurosciences et en psychologie viennent appuyer cette vision : un environnement d’apprentissage riche, ouvert à la diversité, favorise la réussite et le bien-être. Les écoles qui encouragent la curiosité, la coopération et le dialogue créent les conditions d’un apprentissage durable. Les chiffres récents le montrent : le sentiment de bien-être à l’école booste la réussite et l’engagement, que l’on soit enfant ou adolescent.

À l’échelle internationale, plusieurs recommandations rappellent l’enjeu de l’équité, aussi bien dans l’accès à l’éducation que dans la reconnaissance de tous les acteurs du système éducatif. Les enseignants, notamment, jouent un rôle central : ils accompagnent chaque élève, adaptent les méthodes, créent au quotidien un climat scolaire respectueux et ouvert.

Pour illustrer cette dynamique, voici deux piliers qui transforment concrètement l’expérience éducative :

  • Apprendre à vivre ensemble : favorise une culture de paix, d’écoute et d’ouverture à la diversité.
  • Apprendre à faire : développe l’autonomie, l’engagement, la capacité à relever les défis nouveaux.

L’impact de ces piliers se mesure dans leur intégration aux politiques éducatives mondiales, qui poursuivent une ambition collective : garantir à chacun un accès équitable à une éducation de qualité, partout sur la planète.

Professeure guidant un élève lors d

Vers une société durable : l’éducation au cœur des Objectifs de Développement Durable

L’éducation joue un rôle moteur dans la construction des Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies. L’ODD 4 vise à rendre l’éducation de qualité accessible à toutes et à tous ; l’ODD 3 place le bien-être au centre des priorités. Ensemble, ils dessinent une société plus résiliente, plus inclusive, mieux armée pour affronter les défis de demain.

L’essor de l’éducation verte, promue par le Partenariat pour une éducation verte, prépare les jeunes à s’adapter aux mutations écologiques, numériques et sociales. Ici, la formation ne se limite plus aux savoirs classiques : il s’agit de maîtriser des compétences techniques, de développer des capacités transversales et de collaborer efficacement, dans une perspective d’avenir.

La Commission internationale sur les futurs de l’éducation éclaire les axes de recherche prioritaires : l’éducation est désormais vue comme un pilier de la cohésion sociale, de l’innovation, du développement économique inclusif. Pour répondre à ces enjeux, les priorités sont claires :

  • Préparer les jeunes générations à saisir les liens entre environnement, économie et société ;
  • Accompagner la transition écologique et numérique ;
  • Soutenir la construction de sociétés justes et durables grâce à l’apprentissage tout au long de la vie.

L’articulation entre les piliers de l’UNESCO et les Objectifs de Développement Durable façonne un horizon commun pour les politiques éducatives mondiales. L’enjeu : former des citoyens lucides, capables d’agir et de s’adapter dans un monde en perpétuelle métamorphose. Voilà le pari de l’éducation aujourd’hui.

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